Des Oratoriens méditent la Bible

Première lecture du lundi 19 juin 2017

Et puisque nous sommes ses coopérateurs, nous vous exhortons encore à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu. Il dit en effet : Au moment favorable, je t’ai exaucé ; au jour du salut, je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. Nous ne donnons à personne aucun sujet de scandale, pour que le ministère ne soit pas décrié. Au contraire, nous nous recommandons en tout comme des ministres de Dieu : par une grande constance dans les tribulations, dans les détresses, dans les angoisses, sous les coups, dans les prisons, dans les désordres, dans les fatigues, dans les veilles, dans les jeûnes ; par la pureté, par la science, par la patience, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sans feinte, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu ; par les armes offensives et défensives de la justice ; dans l’honneur et l’ignominie, dans la mauvaise et la bonne réputation ; tenus pour imposteurs et pourtant véridiques ; pour gens obscurs, nous pourtant si connus ; pour gens qui vont mourir, et nous voilà vivants ; pour gens qu’on châtie, mais sans les mettre à mort ; pour tristes, nous qui sommes toujours joyeux ; pour pauvres, nous qui faisons tant de riches ; pour gens qui n’ont rien, nous qui possédons tout.

2 Corinthiens 6, 1-10

Méditation

Paul écrit ici dans des circonstances précises, à l’intérieur d’un conflit interne aux Églises. Pourtant, même si cette lettre de Paul est très liée à ces situations singulières, que l’on peine parfois à reconstituer en détail, les premières communautés chrétiennes l’ont faite circuler, bien au-delà des premiers destinataires. Et c’est comme cela que, depuis des siècles, nous lisons dans la liturgie des lettres qui n’étaient pas initialement pour nous ! Rapidement, les premiers chrétiens ont même assimilé ces lettres de saint Paul aux Écritures qu’elles recevaient du peuple d’Israël, comme le montre 2 Pierre 3, 15 (vous pouvez lire cela dans la Bible de Jérusalem, disposée à l’intérieur de cette église, à la p. (2102) 1391).

Dès la fin du 1er siècle, la place de Paul et son message constituent de vrais enjeux. Et l’interprétation de certaines de ses lettres fit tout de suite difficulté, car débats et pluralité des expériences caractérisent le christianisme depuis le début. On ne peut donc jamais séparer la lecture du corpus paulinien des débats qui ont accompagné la rédaction, la transmission et l’interprétation de ces lettres.

Cela permet du coup de comprendre cette longue liste de faits précis qui marquent son engagement au service de l’Évangile, malgré les critiques qu’il reçoit, aujourd’hui comme hier, de la part des autres chrétiens. Le ministère d’apôtre qu’il exerce dans l’Église, directement de son vivant, et aujourd’hui par les lettres qui se réclament de lui, s’inscrit dans une vie bousculée et joyeuse. Malgré les contrariétés, dont les plus douloureuses sont celles qui naissent à l’intérieur même du christianisme, Paul exprime sa joie d’être porteur d’un Évangile qui vient dépasser toutes les violences, même celles qui sont commises au nom de la foi chrétienne.

La véritable de richesse de Paul est l’expérience concrète d’un Évangile de réconciliation, dont il est porteur à l’intérieur même de son existence humaine, témoignant d’une puissance qui le dépasse, celle de la Résurrection. Pour les premiers chrétiens, transmettre ces lettres jusqu’à les faire lire aujourd’hui dans toutes les églises revient à nous indiquer la source d’une joie qui triomphe de toutes les contrariétés, même de celles que nous nous infligeons les uns aux autres.

Luc Forestier, prêtre de l’Oratoire à Paris

Chaque semaine, un prêtre de l’Oratoire écrit une méditation biblique en rapport avec le calendrier liturgique.
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