Des Oratoriens méditent la Bible

Extrait de l’évangile du Lundi 10 juillet 2017

Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement.

Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.

Matthieu 9, 20-22

Méditation

Pauvre femme, faussement accusée de ruse, de dérobade, venant arracher sa guérison de ce Jésus assailli par la foule, alors qu’il faut la regarder dans le respect qu’elle éprouve pour cet homme   devenant impur, aux yeux des moralisateurs du moment, s’ils l’avaient vu touché par une infirme.  Sa discrétion est belle. Mais Jésus ne saurait se soustraire à ce qui importe pour lui : le regard de son vis- à-vis, à hauteur des yeux ; le face-à-face de la rencontre. « Ta foi t’a sauvée ».  C’est la foi de cette femme qui la sauve.  Il ne saurait guérir sans la démarche de l’autre.

Jésus n’est plus là. L’on ne peut toucher sa tunique à la dérobée. Mais combien de nos gestes ne ressemblent-ils pas, parfois, à ce que l’on prête à tort à cette femme ? Sans juger ce qui les accompagne chez celles et ceux qui les posent, nos actes religieux ne sont-ils pas trop souvent marqués plus par la dévotion, les rites, la superstition voire la magie, plutôt que par la rencontre vraie de celui à qui on les dédie, à savoir ce Dieu inconnu, ou Jésus, quand ce n’est pas Marie ? Celui ou celle à qui l’on brûle un cierge ou que l’on encense ? Et que penser de ces messes monnayées auxquelles on ne participe même pas ? Cela dit tout en respectant cette foi du charbonnier, non éclairée – à qui la faute ? – qui accompagne souvent ces gestes…

La Foi, ne peut et ne doit se priver de la rencontre de celui à qui l’on adhère et donc de sa Parole entendue, travaillée, priée, comprise et prolongée par nos actes. Foi qui, plus que jamais, doit se nourrir du Pain rompu, de la Coupe partagée, nous donnant de nous nourrir de Celui dont nous faisons mémoire et aux appels de qui nous sommes invités à répondre. La Foi n’est pas ce que l’on croit, elle est adhésion à celui en qui l’on croit, et pour cela elle est Rencontre. C’est ce qu’a cherché cette femme admirable dans sa confiance. En cela elle nous parle.

Rencontrer Jésus en ce qui nous est donné pour le rejoindre. Rencontrer Jésus en celles et ceux que nous rencontrons, dont nous ne saurions plus toucher la tunique, mais saisir la main qu’ils nous tendent ou que nous tendons vers eux. La confiance en ces gestes qui nous rendent proches de l’autre, et donc de l’Autre, est gage de salut…

Michel Dupuy, prêtre de l’Oratoire à La Valfine, Jura

Chaque semaine, un prêtre de l’Oratoire écrit une méditation biblique en rapport avec le calendrier liturgique.
Pour retrouver les méditations des semaines passées veuillez cliquer ici.

Haut de page

Adresse
Paroisse Saint-Eustache
2 impasse Saint-Eustache
75001 Paris - 01 42 36 31 05

Horaires d'ouverture
9h30-19h en semaine
9h-19h le week-end